Voici la petite histoire de la fabuleuse Route du Sel
Depuis le Moyen-Age la Route du sel partait de Nice pour rejoindre le Piémont. Elle longeait la vallée du Paillon, traversait le village de L'Escarène, empruntait le col de Braus, arrivait à Sospel dans la vallée de la Bévéra, et continuait son parcours par le col de Bruis, redescendait dans la vallée de la Roya et remontait sur le col de Tende pour aller vers le Pièmont.
En 1388 c'est la dédition aux états de Savoie, de Nice et du territoire que le XVIème siècle nommera Comté de Nice. Sous la domination savoyarde la route devient alors un axe fondamental d'échange entre Nice et le Piémont.
En 1581 Charles Emmanuel 1ER de Savoie entrera en possession de Tende et maîtrisera tout l'itinéraire entre Nice et Piémont. Turin devient alors la capitale des Etats de Savoie en 1568.
Ambitieux et cultivé ce souverain prend une série de mesures favorables au développement de ses états.
Il accorde ainsi la franchise aux ports de Nice et de Villefranche et dès 1610 commande les travaux pour une nouvelle route.
Dans le texte qui accompagne certaines gravures du XVIIème siècle concernant les villages des vallées Roya Bévéra , une place de choix est réservé à cette route, on peut y lire « La splendide route, unique en son genre, rivalisant avec les réalisations importantes des Egyptiens et des Romains (…) ». Ceci dit la route n'était à cette époque qu'une voie muletière susceptible d'accueillir des véhicules sur certains tronçons.
Les passages les plus difficiles ont été aménagés en priorité. Ainsi en va-t-il des gorges de la Roya, à hauteur du village de Saorge, c'est d'ailleurs à cet endroit que se trouve la plaque commémorative de la construction de la route, gravée à même le roc.
En 1616 le village de Fontan est crée à la suite d'une ordonnance royale pour servir de relais entre Sospel et Tende.
En 1679 on décide de rendre carrossable, c'est-à-dire accessible à des voitures à quatre chevaux, un itinéraire pour se rendre de Nice en Pièmont, mais ce n'est pas tout de suite celui de la Roya qui est retenu, apparemment deux itinéraires sont proposés, la Roya et la Vésubie.
Les nombreuses discussions autour de lectures de cartes détaillées permettent d'argumenter en la faveur de la Roya.
L'itinéraire est choisi et c'est seulement un siècle plus tard en 1780 que Victor Amédée III inaugurera la nouvelle route carrossable ouverte aux quatre roues reliant Nice à Cuneo
Le chemin ducal devient la REAL STRADA (Route Royale), pour commémorer cet événement une nouvelle plaque est sculptée dans le roc des gorges de Saorge.
Avec le creusement du port de Nice en 1749, Charles Emmanuel III de Savoie a l'ambition de développer et de promouvoir le commerce international entre la méditerranée et l'Europe continentale par l'intermédiaire de ses Etats.
La route connut alors un développement considérable avec un trafic de 55000 mulets par an au milieu du XVIIIe siècle. Cet axe, le port de Nice – Turin s'avère fondamental pour le sel. Les éleveurs piémontais en consomment des tonnes pour l'alimentation humaine et animale, leurs salaisons, le traitement des peaux. Le commerce est particulièrement lucratif pour Nice où débarquent les bateaux en provenance des salines provençales et languedociennes.
Salines provençales et languedociennes
Deux des salines encore restées intactes sont celle de Hyères, et plus loin, celle de Camargues.
Les salines d'Hyères sont une source inépuisable de richesses pour leurs propriétaires dont l'installation remonte à la plus haute antiquité.
Au Xe siècles, les salines d'Hyères et ses pêcheries appartenaient aux moines du monastère de Saint-Pierre de Montmajor, près d'Arles.
En l'année 1806, une compagnie, sous la raison sociale Eynard acquit les salines d'Hyères, les améliora et en agrandit les dépendances, jusqu'en 1856, époque à laquelle la compagnie parisienne des Salins du midi en fit l'acquisition.
L'établissement des salins d'Hyères ou vieux salins s'étend, d'après le cadastre de 1830, sur 296 hectares dont 200 hectares sont en fabrication. Sa production moyenne annuelle s'élève à 21 000 tonnes de sel.
La fabrication du sel est des plus simples, on peut dire qu'elle est à peu près entièrement livrée à la nature. L 'homme se contente d'aider le travail, grâce à une température assez constante, à l'action énergique du soleil du midi et des vents toujours assez forts sur le littoral maritime.
Cette fameuse « route du sel » a fait la prospérité des villages qui la bordent l'Escarène, Sospel, Breil, Saorge et Tende par exemple, contribuant ainsi à l'enrichissement du patrimoine culturel des vallées qu'elle traverse. (Du Paillon de la Roya, de la Vermenagna, du Gesso et de la Stura).
Témoignage unique du patrimoine régional, cette voie méritait une reconnaissance officielle. Telle est la conviction de Jean-Marc Giaume qui a voté le 28 octobre avec les autres associations de la Fédération pour présenter un dossier de candidature à l'Unesco afin d'obtenir le classement de la route royale au patrimoine de l'humanité. Le dossier va faire l'objet de deux années de travaux pilotés par Jean-Loup Fontana, conservateur départemental du patrimoine. Jean-Marc Giaume est confiant. Il espère voir aboutir ce projet pour 2010, année qui marquera le 400e anniversaire de la route.
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