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Abbaye des iles de Lérins

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HISTOIRE DE LA COTE D'AZUR - ANTIQUITE

Voir aussi : Côte d'Azur - Préhistoire, Côte d'Azur - Antiquité, Côte d'Azur - Moyen age , Côte d'Azur - Epoque moderne , Côte d'Azur - Epoque contemporaire, Côte d'Azur - Les années 1900

Porte Celto ligures
Le ville d'Antibes - Antipolis
La ville de Nice - Nikaïa
Les thermes de Cimiez

De 900 à 600 avant Jésus Christ, le peuple des ligures vient peupler la Côte d'Azur. Cette population provenant non pas de la Ligurie actuelle en Italie, mais de la Bétique a connu sa plus grande expansion de 1200 à 800 avant JC, occupant une partie du Nord de l'Espagne, le Sud de la France et le Nord de l'Italie avant d'être repoussée par les Celtes vers le Sud, et expulsée ou assimilée dans le Nord de l'Espagne et le Languedoc par les Ibères. Ce peuple est voué à l'élevage de mouton et à l'agriculture.

Au VIe siècle av. J.-C., les phocéens Simos et Protis, grecs issus de Phocée, recherchaient des emplacements susceptibles de devenir des « emporia » ou comptoirs et donc faire du commerce. En navigant par cabotage, ils auraient découvert la baie du Lacydon (l'actuel Vieux-Port de Marseille). Les premiers contacts avec les Autochtones, les Ligures furent très réussis : une délégation conduite par Protis vint rencontrer le prince ligure Nannus au moment où ce dernier devait marier sa fille Gyptis. Selon la tradition gauloise, celle-ci devait présenter une coupe à son élu, la coupe d'hyménée. À la vue de Protis qui devait être jeune et distingué, elle fut frappée et se décida pour le phocéen. Les Phocéens créèrent les fondations d'une ville qu'il appelèrent Massalia (ou Massilia), en 599 av. J.-C.. D'autres cités ont été fondées par les Phocéens, Hyères (Olbia), Antibes (Antipolis), Monaco et Nice (nikaïa) entre autres. La création de ces comptoirs s'inscrit dans le contexte du redéploiement colonial de Marseille (à partir du IVe siècle av. J.-C.) qui cherche à assurer ses routes commerciales le long des côtes en installant des places fortes.

C'est au IVème siècle avant J.C., que les Celtes, venus d'Europe Centrale, envahissent la Provence. En -390 ils pillent Rome et en -290 la ville sacrée de Delphes. Les celtes avaient pour coutume, lors des combats de couper la tête de leur adversaire pour les porter au cou de leurs chevaux.
Minoritaires les Celtes se mélangent très vite aux Ligures, populations autochtones majoritaires. Ils s'installent de préférences sur des sites en hauteurs: les oppida (oppidum au singulier). Ils organisent ces mêmes populations en tribus: les Cavares dans le Vaucluse, les Oxybii et Décéates dans le Var et les Alpes-Maritimes, les Voconces dans la Drôme et les Salyens en Basse-Provence. La capitale de ces derniers, Entremont, est situé à quelques kilomètres d'Aix-en-Provence.
Bien que subissant eux-aussi l'influence grecque, les Celto-Ligures vont très vite s'opposer à la cité commerciale de Massalia. Ainsi lors des Guerres Puniques entre Rome et Carthage, les Celtes favorisent l'alliance carthaginoise (ennemis des Massaliotes) en fournissant d'importants contingents à l'armée d'Hannibal en route vers l'Italie via la Gaule, tandis que Massalia se tourne naturellement vers les Romains.

Au début du IIe siècle av. J.-C.), les tribus ligures de la région, les Déceates et les Oxybiens, lancent des attaques répétées contre Antipolis et Nikaïa. Les Grecs de Marseille font appel à Rome, comme ils l'avaient déjà fait quelques années plus tôt contre la fédération des Salyens. En -154, le consul Quintus Opimius défait les Déceates et les Oxybiens et prend Aegythna, oppidum des Décéates. Malgré toutes les hypothèses émises depuis plus d'un siècle par les érudits locaux, on ne connait ni le lieu de rencontre de la bataille de 154 av. J.-C. ni le site d'Aegytna.

Les territoires "conquis" par les Romains sur les populations indigènes sont donnés aux Phocéens et administrés par l'intermédiaire de ses colonies, Antipolis et Nikaïa jusqu'en -49. En effet, Marseille ayant pris le parti de Pompée, César victorieux lui enlève ses colonies.

Dès le 1er siècle après Jésus Christ, la civilisation romaine se manifeste dans les Alpes Maritimes : Fréjus (port crée par Jules César), Antibes et Cimiez, dorénavant un quartier de Nice, qui devient la capitale de la province des Alpes Maritimes. On peut voir de nos jours des vestiges de cette époque, les Thermes classées aujourd'hui monument historique.

En 313, Constantin accorde aux chrétiens la liberté de Culte et fait donc du Christianisme la religion officielle. Dès lors, le christiannisme se développe tout d'abord sur le littoral azuréen. La première manifestation de cet établissement fut la construction du monastère de l'Ile Saint Honorat (au large de Cannes) durant le IVème siècle.

L'histoire d'honorat et des iles de Lérins

Honorat appartenait à l'aristocratie gallo-romaine. Sa famille était aisée. Elle possédait des domaines dont Honorat hérita avec son frère à la mort de leur père. L'enfance d'Honorat fut choyée, sa jeunesse se passa dans la richesse et le luxe. Il reçut une éducation classique. La vocation religieuse d'Honorat se manifeste très tôt et le désir du baptême semble lié à l'attirance qu'il éprouve pour la vie monastique. Et c'est ce renoncement au monde qui va entraîner l'hostilité de sa famille, en particulier celle du père qui voyait s'effondrer tous les espoirs placés en son jeune et brillant fils. Son frère aîné, Venantius, se convertit à son tour. Et tous deux se mirent à pratiquer l'ascèse dans leur patrie, à Trèves. Dans leur demeure, dont ils ont hérité, et qui avait connu le faste et les brillantes réceptions, ils accueillaient les voyageurs et offraient l'hospitalité aux pauvres sur leurs propres terres. Ils cherchaient en tous points à mettre en pratique les préceptes de l'Evangile. Et ils y réussirent si bien que leur renommée se répandit et déborda la ville et la contrée, au point que, effrayés par leur propre gloire, ils décidèrent de fuir en vendant tous leurs biens afin d'en distribuer aux pauvres les bénéfices.

C'est par la route et à pied que Caprais et Honorat, cheminant sur la voie Aurélienne (la via Aurelia longeait la côte de Toscane et menait en Gaule), atteignirent Fréjus, grande cité romaine militaire où ils s'arrêtèrent. Ils avaient une lettre de recommandation pour Léonce, le nouvel évêque qui dirigeait la petite communauté chrétienne. Hilaire d'Arles ne nous dit pas combien de temps Honorat et Caprais demeurèrent à Fréjus. Peut-être fût-ce plusieurs années, car Léonce avait besoin de missionnaires pour évangéliser la région. Par contre, nous savons qu'Honorat devint célèbre et que les foules accouraient de loin pour entendre sa parole. Mais cette célébrité lui devint pesante et pour finir intolérable. L'appel de la solitude retentissait en lui de façon de plus en plus impérieuse. Il fallut donc partir. La grotte du Cap-Roux, perdue dans le désert odorant du massif de l'Estérel, avec sa source au pied de la montagne, l'appelait. C'est là qu'avec Caprais il tentera de mettre en pratique les enseignements des Pères du désert. Honorat descendait parfois de la montagne pour exercer son apostolat auprès des pêcheurs du petit port d'Agay. Mais bientôt la grotte reçut la visite des quémandeurs. Il fallut donc partir à nouveau ! Mais où ? A Lérins, bien sûr, sur la petite île qui ressemblait à un désert. Honorat demanda à un pêcheur d'Agay de les conduire sur l'île. Ce fut la stupeur et un concert de lamentations : l'île était petite, inhabitable, sans eau, remplie de serpents. Mais rien de tout cela ne fit peur à Honorat ni à Caprais. Finalement, il se trouva un pêcheur assez courageux, – ou assez inconscient ! – pour accepter de les conduire à Lérina. Personne ne croyait qu'ils y resteraient plus d'une journée. La légende raconte que, lorsque Honorat posa le pied sur Lérina, celle-ci trembla ! Les serpents grouillaient partout. Honorat étendit les mains et invoqua le Christ. Aussitôt tous les serpents expirèrent en provoquant une odeur pestilentielle. Honorat se remit alors à prier. Le vent se leva et un raz de marée balaya l'île. Honorat et Caprais s'étaient réfugiés en haut d'un palmier. Quand la mer se retira, l'île était purifiée, le soleil brillait et dans les buissons chantaient les premiers oiseaux venus du continent. Mais passons de la légende à la réalité. Honorat et Caprais arrachèrent petit à petit les ronces, les salsepareilles, et bientôt abondèrent lentisques, cistes, genévriers et genêts. Honorat et Caprais bâtirent deux abris sommaires avec des pierres plates et des branchages, et ils reprirent la vie érémitique commencée au pic du Cap-Roux. Ainsi, peu à peu, dans l'absolue solitude de Lérins à peine troublée par le passage, de temps en temps, d'un pécheur qui apportait l'eau et quelques galettes de pain, offrande du petit peuple fidèle d'Agay, Honorat se préparait à la plus haute perfection, en compagnie de Caprais. Mais, comme il fallait s'y attendre, l'installation d'Honorat et de Caprais à Lérins provoqua un grand mouvement de curiosité sur tout le littoral. Et au grand désappointement des deux solitaires, se produisit le contraire de ce qu'ils avaient espéré : de plus en plus nombreuse la foule réapparut devant leur ermitage. Certains, parmi cette foule, touchés par l'exemple des deux moines, se construisaient un abri sur le rocher, quémandant humblement chaque jour un conseil pour se livrer à leur tour aux mortifications corporelles et à la purification de l'esprit, prélude au grand voyage vers les immensités intérieures où les happait l'irrésistible appel de Dieu. Peu à peu se constituait sur l'île, contre le désir des deux moines, ce type intermédiaire entre l'érémitisme et le monastère organisé : la laure, où chacun vivait seul dans son abri pour se retrouver le dimanche à la célébration de la synaxe eucharistique. L'évêque Léonce avait ordonné prêtre Honorat qui s'en était défendu en vain. Après avoir longuement prié, Honorat demanda conseil à l'évêque Léonce, et il se décida, à l'heure même où saint Cassien songeait à fonder à Marseille le grand monastère de Saint-Victor, à faire à son tour acte solennel de cénobitisme. Il grouperait autour d'une règle monastique commune inspirée des Pères, les hommes épris de Dieu et prêts à tout quitter pour son seul amour. Peu d'éléments permettent de fixer la date de la fondation du monastère de Lérins. La première mention remonte à Paulin de Nole, dans une lettre adressée à Eucher de Lyon entre 412 et 420. Aux environs de 427, Cassien parle à propos de Lérins d'une immense communauté de frères, ce qui laisse entendre que le monastère existait depuis plusieurs années. On situe généralement dans la deuxième décennie du Vème siècle l'installation d'Honorat sur l'île, donc vers 410. Les débuts de la vie monastique à Lérins. Le mot utilisé par Cassien est coenobium, qui désigne précisément un monastère où l'on vit en communauté, selon une règle. Honorat n'a jamais eu comme saint Antoine le désir de vivre dans un isolement complet. Il brûle, c'est vrai, d'être retranché du monde. Mais dès lors que d'autres hommes éprouvent ce même besoin, il ne les rejette pas. Et ce nombre devint suffisamment important pour justifier la construction d'une église et de bâtiments adaptés à l'habitat des moines. Le récit de saint Hilaire d'Arles, qui suit l'ordre chronologique, permet de penser que ces installations ont été réalisées très tôt. S'il y a eu une expérience de la vie érémitique pour Honorat, celle-ci n'a pas duré longtemps. Car le témoignage d'Hilaire montre bien qu'Honorat est toujours resté en contact avec les communautés chrétiennes auprès desquelles il s'était installé. Les liens noués en Italie avec le clergé, l'affection qui l'attache à l'évêque de Fréjus, sont autant de preuves de l'importance que Honorat a toujours accordée aux relations humaines. Et l'évêque Fauste de Riez, dans un passage de son sermon dédié à Honorat, nous dit : En vérité, ils ont été comblés de joie ceux qui ont eu le bonheur de vivre aux côtés d'Honorat, de manger avec lui et d'être soldats de Dieu sous sa discipline.

Plus de renseignement sur l'abbaye des îles de Lérins : http://www.abbayedelerins.com/

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