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ANIMAUX OUBLIES - BISON D'EUROPE - CHEVAL PRZEWALSKI

Voir aussi : Le domaine du Haut Thorenc

Mille ans après avoir été chassés de France, bisons d'Europe et chevaux sauvages se retrouvent, libres, sur un domaine de 700 hectares . Un projet de réintroduction unique au monde débuté en juillet 2005, sous la conduite de vétérinaires, de biologistes et de scientifiques. 

Autrefois , les bisons et les chevaux sauvages cohabitaient dans les grandes forêts et plaines européennes. Sur le Domaine du Haut-Thorenc, ces deux espèces partagent à nouveau un espace commun. Dans un premier temps cette expérience scientifique se fait sur une réserve enclose de 350 hectares qui abrite également des cerfs, des sangliers, des chamois, des chevreuils et une centaine d'autres espèces représentatives de la totalité du monde animal (insectes, oiseaux, petits mammifères...) de notre région.

LE BISON D'EUROPE

A première vue le bison d'Europe est semblable à son cousin américain, mais il s'en distingue néanmoins par plusieurs traits. Déjà, c'est un animal de forêt et non pas de plaine. Ce qui explique, sans doute, qu'il soit légèrement moins massif. Les plus gros spécimens mâles atteignent cependant 3m30 de long, 1m80 de hauteur au garrot et 900 kilos. La femelle est nettement plus petite. Comparé au Buffalo, sa tête est plus fine, sa bosse dorsale moins proéminente, et son corps plus allongé. Il est également plus haut sur pattes. Ses goûts culinaires sont très éclectiques, il adore les plantes herbacées, les feuilles d'arbre, les bourgeons, les écorces, les graines... Le mâle adulte vit en solitaire ou en troupeaux de quelques dizaines d'individus.

Jusqu'au Moyen-Age , le bison était le seigneur des grandes forêts européennes. Le plus gros mammifère. Malheureusement, le défrichage et la chasse décimèrent ses rangs. A la veille de la Grande Guerre , le dernier troupeau avait trouvé refuge dans la forêt de Bialowieza, au cour de la Pologne. Un seul survécut aux combats et au braconnage. Le bison sauvage avait disparu ! Seuls quelques individus conservés par les zoos assuraient la perpétuation de l'espèce. En 1923, le zoologiste polonais Jan Sztolcman lança à Paris un plan de sauvegarde international. C'est ainsi qu'à partir de douze bisons captifs, on put reconstituer une population qui compte aujourd'hui quelques 3000 individus dont quelques centaines vivent en semi liberté dans les forêts polonaises et au domaine du Haut Thorenc dans les Alpes Maritimes.

Patrice LONGOUR et son équipe de vétérinaires, biologistes et scientifiques, du domaine du Haut Thorenc, nous explique le rôle important des grands mamifères européen pour la sauvegarde de l'écosystème. La disparition des grands mamifères en Europe a été catastrophique pour nos forêts. Ces troupeaux de bisons d'Europe, totalement pacifiques étaient des acteurs importants pour la réparation de l'écosystème. Ils s'inscrivent dans un ensemble, leur mode de vie, leur habitude alimentaire sont la base d'une régulation de la flore dans les forêts. Une des causes actuelles de l'ampleur des feux de forêts est essentiellement du à une prolifération de végétaux secs, arbustes divers, surpopulation d'arbres empêchant l'épanouissement du milieu naturel. Les bisons d'Europe par leur mode de vie sont des défricheurs nés. Leur taille, leur poids, leur mode de nutrition permettent de nettoyer les forêts, de la reconstruire. Etant des animaux sauvages (je ne suis pas sur que sauvage soit le mot idéal, mais d'origine naturelle), leur instinct les force à se déplacer pour ne pas appauvrir leur territoire à l'inverse de certaines espèces domestiques qui consommerons les ressources naturels jusqu'à l'appauvrissement total. Les scientifiques du Parc du Haut Thorenc ont évalué le rôle de ce grand mammifère au sein du parc. Les sous bois ont été défrichés laissant place à une oxygénéisation de l'espace. La réduction de la surpopulation de la flore à immédiatement entraîner une qualité de la diversité végétale. Une flore nouvelle s'est installée, plus diversifiée, plus verte, en meilleur santé. Tous les arbustes, arbres parasites ont été décimé permettant aux spécimens en bonne santé de s'épanouir.

Bien sur, il reste encore un grand pas à faire pour accepter ses bisons en total liberté au sein de notre milieu naturel. Totalement pacifiques, les bisons ne semblent pas farouches pour renouer la cohabitation, mais l'homme acceptera t'il de partager à nouveau son territoire avec une nature plus sauvage ? Notre civilisation judéo-Chrétienne est convaincue que l'homme doit contrôler la nature, que sans lui, elle ne serait rien et pourtant tout laisse à croire en visitant ce parc scientifique que la nature respecte ses propres règles et que son évolution est totalement maîtrisée.

LE CHEVAL DE PRZEWALSKI

Si vous avez déjà vu une fresque provenant des grottes de Lascaux, vous avez obligatoirement fait connaissance avec cheval de PRZEWALSKI. Ce cheval sauvage était déjà présent à l'époque de la préhistoire et sa belle et longue histoire a connu une fin tragique que des passionnés essayent de rétablir.

C'est un cheval trapu, massif, possédant une encolure large et une tête forte. Sa taille au garrot oscille entre 1m20 et 1m40. Il mesure environ 2m10 de long, son poids est compris entre 250 et 350 kilos. Sa crinière, qui repousse chaque année, comme sa queue, est dressée naturellement. Il possède également une raie de mulet et parfois des zébrures plus ou moins visibles sur les jambes. Le cheval de Przewalski n'a jamais pu être dompté par l'homme. C'est le seul. Il n'a donc jamais connu d'autre sélection que naturelle. Bien qu'il puisse être croisé avec un cheval domestique, il ne possède pas le même nombre de chromosomes: 66 contre 64.

A l'état sauvage, on ne l'a plus observé depuis 1966. Certains ont été capturés et vendus à des zoos. Un mal pour du bien, car c'est à partir de ces individus qui ont survécu en captivité que l'incroyable aventure entreprise par l'association Takh a pu voir le jour.

Ce groupe de passionnés a en effet décidé de rendre la liberté au Przewalski et de les réintégrer dans les steppes mongoles.

On peut désormais voir galoper les solides petits chevaux en Lorèze dans le causse de Méjean et au Domaine du Haut Thorenc.

A l'époque préhistorique, le cheval de Przewalski fréquentait les steppes d'Asie Centrale, de Chine et d'Europe de l'Ouest. En France, en Italie et en Espagne, les paléontologues ont recensé 2 188 peintures rupestres le représentant, dont certaines remontent à plus de 20 000 ans. Il y côtoyait le tarpan, autre espèce de cheval sauvage européen aujourd'hui éteinte (si ce n'est quelques individus reconstitués à partir de chevaux domestiqués). Le cheval s'est pourtant enfui très tôt d'Europe pour se réfugier exclusivement dans les grandes plaines asiatiques. En 1226 , la chronique raconte que Genghis Khan a été désarçonné par son cheval qui s'était cabré en voyant surgir un troupeau de Przewalski. En Europe, la mémoire de ce cheval avait même disparu jusqu'au récit d'un médecin écossais au service du Tsar au milieu du 18ème siècle. Plusieurs expéditions furent alors montées pour en capturer, sans grand succès. En 1879 , le Colonel Nicolai Przewalski qui, plus tard, donnera son nom à ces chevaux, découvre le dernier troupeau. Finalement, seulement 53 jeunes poulains purent être attrapés et enfermés dans des zoos et parcs. Dans les années quarante, quelques groupes sauvages ont encore été observés en Mongolie, mais la plupart ne survécurent pas à la deuxième guerre mondiale. Le cheval de Przewalski disparut victime des changements culturels et politiques, de la guerre, d'hivers très durs et de la compétition des animaux domestiques. Le dernier individu a été vu en 1969. Désormais la survie de l'espèce est assurée par les animaux captifs qui descendent de douze chevaux sauvages capturés dans la nature, (mais dont un est suspecté d'avoir du sang domestique) et d'un treizième né en captivité d'une jument étrangère. Cet étranglement génétique a fait perdre pas mal de gènes à l'espèce. En 1979 , il y avait 385 chevaux en captivité. En 1986 , le programme européen d'élevage a été créé en Europe (Plan équivalent en Amérique depuis 1979). Aujourd'hui la population captive approche les 1 600 individus . Trois opérations de réintroduction ont lieu simultanément en Ouzbekistan et en Mongolie depuis la fin des années quatre-vingt.

Le défi ? Le rendre à la vie sauvage après des années de captivité.

Le domaine du Haut Thorenc participe à ce programme de réintroduction de l'espèce à l'état sauvage. Vous pouvez découvrir cet ancêtre du cheval domestiqué dans le parc et comprendre son intérêt de le réhabiliter à la vie sauvage et libre.

Il est hallucinant de penser que nous travaillons aujourd'hui pour rétablir un milieu naturel alors qu'il était encore intact un siècle plus tôt.
J'ai lu sur le site du Domaine du Haut Thorenc un commentaire d'un blogger qui disait : Sympa mais bon ... se plaignant d'une nature aseptisée et à but lucrative. On accepte bien de jouer la carte "nature" mais sur fond d'entrées tarifées et de clôtures bien propres. J'aimerais signaler que si nous en sommes arrivés à cette aberration, c'est avant tout de notre propre chef et que ces parcs doivent impérativement survivre pour permettent à ces programmes d'évoluer et d'aboutir à une réussite qui nous permettra de revoir ses espèces évoluées en totale autonomie dans nos plaines et forêts. Alors déplacez vous nombreux pour comprendre et connaître les enjeux de tels dispositifs. Vous passerez une excellente journée et votre cotisation permettra d'aider la recherche pour rendre au monde son semblant de naturel que nous perdons jour après jour.

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