Pour compléter nos reportages sur le massif de l'Estérel, nous avons rencontré Air Odyssey, une compagnie aérienne basée sur l'aéroport de Cannes Mandelieu et qui propose depuis 12 ans des vols panoramiques d'exception.
Ils ont eu la gentillesse de nous faire découvrir la Côte d'Azur autrement, la Côte d'Azur vue du ciel. Je vais tenter de vous faire partager cette expérience unique en France… Tenter, puisque les textes, les images ne peuvent vraiment traduire les véritables émotions et sensations, seule la réalité d'une telle aventure le peut.
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Mardi matin – 10h00, le soleil arrose la Côte d'Azur de ses rayons bénéfiques. Alexandre, pilote de la compagnie Air Odyssey , titulaire du certificat « pilote de ligne » jette un dernier coup d'œil sur son Cherokee 6, l 'avion qui va nous transporter et nous faire découvrir 130 km de paysages exceptionnels.
Alexandre, souriant, nous invite à monter dans l'appareil. Nous sommes tous un peu nerveux, excités par l'aventure et inquiets. Embarquer dans un avion n'est pas un acte quotidien.
Installé à coté d'une vitre, je regarde le tarmac de l'aéroport. Le vrombissement de l'avion s'accentue et le paysage commence à défiler doucement. Après quelques minutes, l'appareil est en position pour entamer son décollage. Quelques messages radios sont échangés et l'appareil s'élance, prend de la vitesse, puis se sépare du sol. L'ascension est fantastique, la terre, la mer prennent une dimension différente.
J'imagine ce qu'on pu ressentir les pionniers de l'aéronautique, Nicolas Popoff , un Russe excentrique qui réussit la traversée aller-retour en aéroplane de Mandelieu aux îles de Lérins, survolant la baie de Cannes, l'île Sainte-Marguerite et la pointe Croisette avant de revenir se poser à La Napoule à bord de son biplan Wright en 1910. Edouard Bret , le premier pilote privé azuréen, Paul Tarascon, et tous ceux qui ont rendu possible ce vol que j'effectuais aujourd'hui.
Notre avion est dorénavant stabilisé à 400 mètres , mes pensées s'estompent pour laisser place à mon sens favori, la vue. A ce moment, elle est comblée. Nous survolons la baie de Théoule, une des portes du massif de l'Estérel. J'aperçois en bas la maison bulle de Pierre Cardin et je cherche la falaise rouge rongée par le temps, le port, la mer. Je tourne la tête pour donner un dernier coup d'œil à Mandelieu la Napoule. Son château disparaît lentement, nous sommes entrés dans le massif de l'Estérel.
Les sommets défilent les uns après les autres, les grandes, les petites grues, le pic de l'ours, majestueux, surplombant l'est du massif. D'un coté la mer de l'autre les volcans, une féérie de couleurs, le bleu profond, le turquoise bleu ou vert, les reliefs rouges, ocres, jaunes. Ce contraste m'émerveille, tout mon être est passionné par cette nature intense.
Je le reconnais, il est là ! Le lac de l'Ecureuil que j'ai découvert il y a quelques années au cours d'une petite randonnée ouverte à tout public. Je regarde du ciel ce que j'ai vu de la terre, les paysages sont identiques et pourtant si différents. Cette vision d'ensemble m'emplit de joie. Je prends conscience des distances, des emplacements. Le canyon de l'Ecureuil, le ravin du Mal Infernet et ses cheminées de fée nous guident vers Valescure, le golfe de tous les contrastes. La mer s'échoue sur les falaises formées par l'éruption des volcans, comme si elle voulait reprendre l'espace qui lui était acquise quelques milliers d'années auparavant. L'île d'or qui a inspiré Hergé et donné naissance à l'île noir dans une aventure de Tintin.
« A droite, les villes romaines de Fréjus et Saint Raphaël » annonce Alexandre notre pilote. Je jette un œil, mais mon attention s'échappe sur les lagons d'Aigue Bonne, les étangs de Villepé qui accueillent des dizaines d'espèces d'oiseaux et la Corniche d'Or. Le spectacle de la nature est tellement impressionnant que les villes romaines, les constructions des hommes, n'ont d'un coup que peu d'intérêt.
Je recherche les petites criques où l'on peut faire de la plongée en apnée, celle des Anglais principalement où la corniche offre de magnifiques tunnels sous marin qui relient lagons et plages voisine. Cette corniche d'or est un spectacle sans pareil !
Je sens l'avion qui dévie légèrement sur sa droite et j'aperçois les îles de Lérins, Sainte Marguerite et Saint Honorat. Sainte-Marguerite, la plus petite des îles de Lérins, est en grande partie couverte de forêts. Le sentier botanique qui fait le tour de l'île permet d'y découvrir une flore typiquement méditerranéenne (pins d'Alep, chêne verts, myrte). L'étang de Batéguier constitue pour sa part une véritable réserve ornithologique proposant un observatoire aménagé. Mais l'île est surtout connue pour son fort Royal où aurait été emprisonné le célèbre Masque de fer, ce personnage dont l'identité reste encore mystérieuse. Le bâtiment principal du fort abrite un musée de la mer et une collection d'archéologie sous-marine.
Saint Honorat, La plus grande des îles de Lérins, d'une superficie de 40 ha , abrite une communauté monastique et présente pas moins de sept chapelles réparties sur l'île. Le moine Honorat d'Arles (Saint Honorat) s'y serait installé à la fin du IVème siècle en compagnie de Saint Caprais. Il fut rejoint dans ce lieu de retraite par de nombreux disciples et y fonda l'un des monastères les plus anciens et les plus illustres de la chrétienté. Au XIème siècle, les moines y construisirent une tour, puis un véritable monastère fortifié, pour se protéger des attaques successives de Sarrasins.
Une nouvelle attaque des Sarrasins en 891 ravage le pays. L'insécurité des Iles pousse les moines à s'établir sur le continent, au Suquet. Au cœur de la ville appelée CANNES dès 1035 se bâtit un château.
L'avion passe à droite la majestueuse croisette, son palais des festivals, ses grands hôtels, l'Intercontinental Carlton, le Majestic, le Palais Stéphanie, le Martinez, puis entame un large virage et l'on aperçoit le village perché de Mougins avant de prendre la direction de l'aéroport. L'appareil entame sa descente, voici plus d'une demi heure que nous sommes partis.
Foulant de nouveau la terre ferme, mon esprit reste emplit d'images sans pareil. Marie Laure, chargée de clientèle chez AIR ODYSSEY nous accueille, souriante, certaine que nous venons de passer un moment inoubliable. Les mots ne viennent pas tellement cette aventure était extraordinaire, mais les images, les sensations, les émotions resteront à jamais.
Plus de renseignement :
AIR ODYSSEY - Aéroport de Cannes Mandelieu |