Cannes, le nom viendrait il des roseaux (canas) des marais avoisinants ? Ou d'une racine can- signifiant hauteur ? Il n'y a qu'à voir la vieille ville batie sur le promontoire du Suquet (de suc, sommet) pour pencher sur cette seconde hypothèse.
Vieux site ligure puis comptoir romain, Cannes est au 11ème siècle un petit port abrité par un rocher, le mont Chevalier ou Suquet. Les abbés de Lérins, qui occupent les deux iles depuis le 5ème siècle, en deviennent les seigneurs et construisent au sommet une tour, un chateau et une enceinte destinée à protéger les pêcheurs des Sarrasins. Ce sont des ordres religieux qui assurent la direction de cette défense : les Templiers d'abord, puis les chevaliers de Malte ensuite.
Cannes était encore un village de pêcheurs lorsqu'en 1834, un chancelier d'Angleterre, lord Brougham, s'y arrêta. Charmé par l'accueil et la bouillabaisse de son aubergiste, il choisit d'y passer tous les hivers. Son exemple sera suivi par toute l'aristocratie anglaise, puis russe, qui fera de Cannes l'une des reines balnéaires de la côte à l'aube du 20ème siécle.
Créé à la veille de la guerre par Jean Zay, Cannes hébergera le festival du film, véritablement lancé en 1946. Sa notoriété se confirme au fil des ans par le prestige de son jury que président J. Romains, M. Pagnol, J. Cocteau, J. Giono ou R. Clair.